Voici les réponses de notre curé Pierre Etienne Grislin aux questions posées par un journaliste professionnel du Courrier de l’Ouest
Pourquoi avoir choisi de devenir prêtre ? Et bien moi je suis chercheur de Dieu. 15 ans après mon ordination j’essaie encore de comprendre ce à quoi le Seigneur m’appelle : manifester son Royaume ici et maintenant avec les gens d’aujourd’hui. Plus qu’une mission, c’est donc une quête.
Comment vivez vous cette mission depuis votre arrivée ? Avec les trois équipes d’animation pastorale, nous avons organisé, en novembre, des rencontres fraternelles avec les paroissiens des 11 communes des trois grandes paroisses que je dirige.
Les actes et vols antichrétiens augmentent. Faut il renforcer la sécurité des églises ? Si on a dans nos églises des choses précieuses à voler, c’est qu’elles sont en trop. Soit on les donne, soit on les place dans un coffre. Le vandalisme fait partie de notre société, mais je ne serai pas dans une dynamique de fermeture. Une église doit rester un havre de paix, accessible à tous.
La France est passée d’environ 65 000 prêtres en 1960 à 12 000 aujourd’hui. Comment expliquez vous cette crise des vocations ? Il y a moins de prêtres parce qu’il y a moins de chrétiens. C’est ainsi.
Les baptêmes d’adultes augmentent pourtant. Un retour des jeunes vers l’Eglise ? Les catéchumènes que j’ai accompagnés sont tous entrés par la petite porte, souvent dans leur fragilité : séparation, travail, perte de sens. L’Eglise n’est pas la seule porte pour ces jeunes, mais elle reste ouverte.
Le religieux revient il en force ou bien l’éloignement des citoyens des croyances anciennes se poursuit il ? La spiritualité est inhérente à toute vie humaine. On parle beaucoup de la déstructuration du monde catholique, mais on ne mesure pas la laïcisation du monde musulman qui est beaucoup plus forte que chez nous. Il faut regarder ce processus sur le long terme. Heureusement, Dieu voit plus loin que nos fins de mois et la sécularisation n’est pas un danger puisqu’il nous parle davantage dans l’absence que dans le trop plein. Et non, Dieu n’a pas oublié l’humanité.
Le célibat sacerdotal doit il être remis en cause ? Le célibat n’explique pas les abus sexuels dans l’église car la majorité se produit en milieu familial. Et ce n’est pas une loi divine, mais une loi d’Eglise qui n’a pas toujours existé. Pour ma part, le célibat me donne une liberté pour répondre aux appels de l’Eglise. Mais rien n’empêcherait un prêtre d’avoir une vie de famille comme les protestants.
Les polémiques autour de Noël vous agacent elles ? Son usage commercial n’est pas nouveau. Et pour moi, cela ne remet pas en cause ma foi. Vous savez, à Noël, nous ne sommes qu’une poignée à fêter la naissance du Christ. Ce n’est pas le nombre qui fait une foi vivante : c’est ce que ça provoque dans la vie des gens. Un Noël vivant, ce n’est pas une église pleine de décorations à l’entrée du village. Mais c’est les ponts qu’il créé dans la vie des gens. Dieu est toujours là en cet instant, même pour ceux qui ne connaissant pas la vie de Jésus.